Imaginez pouvoir savourer vos desserts préférés sans culpabilité ni effets négatifs sur votre santé. C’est peut-être bientôt possible grâce à une équipe de chercheurs qui vient de franchir une étape majeure dans la création d’un sucre de substitution révolutionnaire.
Une avancée prometteuse dans le domaine des édulcorants
Des scientifiques de l’Université de Californie à Davis (UC Davis), en partenariat avec le Mars Advanced Research Institute, ont réussi à développer une méthode de production révolutionnaire pour l’allulose, un sucre alternatif aux propriétés exceptionnelles. Contrairement au sucre classique (saccharose), l’allulose possède le même goût sucré mais avec seulement 10% des calories. Mieux encore, il ne provoque pas de pic de glycémie, ce qui en fait un candidat idéal pour les personnes diabétiques ou surveillant leur poids.
L’allulose existe naturellement dans certains fruits comme les figues ou les raisins secs, mais en quantités infinitésimales. Jusqu’à présent, sa production en grande quantité restait un défi majeur et coûteux. « L’allulose est une excellente alternative au sucre, mais nous ne disposions pas d’un moyen rentable de la fabriquer », explique le professeur Shota Atsumi, du département de chimie de l’UC Davis, qui a dirigé ces travaux publiés en octobre 2023 dans la revue npj Science of Food.
Comment ont-ils procédé ?
L’équipe de recherche a développé une méthode ingénieuse basée sur la modification génétique de bactéries. Contrairement aux approches précédentes qui tentaient d’améliorer les enzymes existantes, les chercheurs ont adopté une stratégie différente : ils ont découvert qu’un micro-organisme industriel commun, la bactérie Escherichia coli, possédait déjà toutes les enzymes nécessaires pour produire de l’allulose, mais ne les utilisait tout simplement pas de cette manière.
Les scientifiques ont donc modifié le métabolisme de ces bactéries pour qu’elles transforment du glucose ordinaire en allulose de manière efficace. « Une fois le flux métabolique redirigé, il s’est avéré que les cellules avaient tout ce dont elles avaient besoin pour le faire ; il suffisait de les activer et de désactiver les voies indésirables », précise le professeur Atsumi.
Les résultats sont impressionnants :
- Rendement de plus de 60% dans la conversion du glucose en allulose
- Pureté supérieure à 95%, dépassant largement les méthodes existantes
- Rendement théorique pouvant atteindre 99%, nécessitant un traitement minimal pour isoler le produit final
- Coût de production considérablement réduit par rapport aux techniques actuelles
Quels bénéfices pour notre santé ?
L’allulose n’est pas seulement un édulcorant à faible teneur calorique. Plusieurs études ont montré qu’il pourrait offrir des avantages supplémentaires pour la santé :
- Il apporte environ 70% de la saveur sucrée du saccharose tout en étant très peu métabolisé par l’organisme
- Il ne favorise pas les caries dentaires, contrairement au sucre classique
- Il a un impact négligeable sur la glycémie et les niveaux d’insuline
- Des recherches suggèrent qu’il pourrait améliorer la glycémie et contribuer à la perte de poids chez les personnes atteintes de diabète de type 2
- Il conserve les propriétés physiques du sucre en cuisine (texture, fonctionnalité)
Cette dernière caractéristique est particulièrement importante pour l’industrie agroalimentaire et les amateurs de pâtisserie, car beaucoup d’édulcorants actuels modifient la texture des préparations ou ne supportent pas la cuisson.
Un sucre déjà reconnu mais encore trop cher
L’allulose a été approuvé comme additif alimentaire par la FDA américaine dès 2012 et désigné comme « généralement reconnu comme sûr » (statut GRAS). En 2019, la FDA a même décidé de l’exclure de l’étiquetage des « sucres ajoutés », soulignant ainsi son potentiel considérable sur le marché. Il est également approuvé dans de nombreux pays comme le Canada, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Singapour.
Cependant, les méthodes de production actuelles présentent des rendements et des niveaux de pureté beaucoup plus faibles, nécessitant des techniques de séparation coûteuses pour isoler l’allulose du glucose et du fructose de départ. Ces limitations ont jusqu’à présent restreint son adoption à grande échelle en raison de prix élevés pour les fabricants et les consommateurs.
Vers une commercialisation prochaine ?
L’équipe d’UC Davis a déposé des demandes de brevet pour ce procédé et les organismes modifiés. Les chercheurs travaillent actuellement avec un partenaire commercial pour étudier la mise à l’échelle du processus vers une production industrielle. « Notre nouvelle méthode est efficace, économiquement réalisable et pourrait être étendue à une production commerciale », affirme le professeur Atsumi.
Cette avancée ouvre des perspectives fascinantes dans notre rapport au sucre. Dans un monde où l’obésité et le diabète touchent des millions de personnes, disposer d’alternatives saines et accessibles devient un enjeu de santé publique majeur. Si cette technologie parvient à réduire significativement les coûts de production, l’allulose pourrait enfin devenir une option viable et abordable pour le grand public.
Et vous, seriez-vous prêts à remplacer le sucre classique par cette alternative si elle devenait courante et abordable ? Pensez-vous que ce type d’innovation peut vraiment changer nos habitudes alimentaires ? N’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires !
Sources :